Présenté en compétition au Festival international du film d’Alger, La pérdida s’impose comme un voyage intérieur intense, une réflexion sobre et profonde sur le deuil, la mémoire et la perte. Ce court-métrage du cinéaste madrilène Raúl Monge, déjà connu pour son travail exigeant comme designer, offre une œuvre dépouillée et universelle.
Dans La pérdida, un groupe de personnes réunies pour surmonter la perte d’un proche se réunit comme chaque semaine. Mais ce jour-là, l’atmosphère est différente : une tension inaudible flotte, quelque chose semble prêt à éclore. Ce huis clos dramatique ne joue ni sur le spectaculaire ni sur l’artifice, mais sur le poids des silences, des regards et des non-dits.
Le travail de Monge, qui a fait ses armes auprès de réalisateurs et studios prestigieux se ressent dans chaque plan. La mise en scène, la lumière, la composition visuelle traduisent avec délicatesse l’angoisse, le regret, l’espoir et la fragilité. Loin des récits typiques de vengeance ou de drame spectaculaire, La pérdida choisit la sobriété, et c’est précisément ce qui le rend puissant : il laisse place à l’émotion brute, à l’intime, à l’universalité de la douleur et de la résilience.
Projeté dans la salle Cosmos de Riadh El Feth le film trouve un écho particulier. La pérdida n’est pas seulement une œuvre étrangère qui traverse les frontières : c’est un miroir dans lequel chacun peut se reconnaître, un espace de rencontre entre sensibilités différentes, un pont entre cultures. Ce court-métrage prouve aussi qu’aujourd’hui le cinéma espagnol continue de produire des œuvres de grande finesse, qui ne craignent pas la mélancolie, le silence ou la retenue. Pour un festival comme celui d’Alger, c’est un moment rare où le spectateur a été invité non pas à se distraire, mais à ressentir, réfléchir et se confronter à des émotions universelles.
En somme, La pérdida mérite l’attention : pour sa mise en scène maîtrisée, son atmosphère enveloppante, son minimalisme audacieux et surtout pour sa capacité à dire, avec douceur et gravité, ce que signifie perdre, mais aussi se souvenir.



