Présenté à la salle Cosmos en compétition pour le Festival international du film d’Alger, I’m Glad You’re Dead Now, le court-métrage du Palestinien Tawfeek Barhoum, arrive chargé d’un éclat particulier, celui de la reconnaissance internationale. En mai 2025, il a remporté la prestigieuse Palme d’Or du court métrage au Festival de Cannes.
Avec une durée de 13 minutes, ce drame intime, coproduit par la Palestine, la France et la Grèce, offre une plongée sobre et poignante dans la mémoire, la culpabilité et la fraternité. Dans le film, Tawfeek Barhoum incarne Reda, aux côtés de son frère à l’écran, Abu Rushd (interprété par Ashraf Barhoum). Tous deux retournent sur l’île de leur enfance pour affronter un secret enfoui qui les liait à leur passé, une confrontation douloureuse avec leurs fantômes intérieurs.
Le corps du père portée dans un cercueil, un dernier voyage maritime, un face-à-face entre frères au bord de l’eau… Le film n’use que de très peu d’éléments narratifs, mais chaque plan, chaque silence pèse lourd. Dans un jeu de mémoire fragile et de culpabilité, ce récit minimaliste joue sur ce qui reste hors champ, indiquant davantage qu’il ne montre.
Le scénario, la mise en scène, la photographie concourent à créer une atmosphère oppressante, faite de regrets, de non-dits et de tensions latentes. Le film parvient à traduire le traumatisme, la perte et la culpabilité sans artifice, en privilégiant l’intériorité à l’explosion dramatique.
Le succès de « I’m Glad You’re Dead Now » va bien au-delà d’un prix prestigieux. Dans un contexte mondial saturé d’images fortes, ce court-métrage rappelle que raconter l’intime, c’est souvent toucher l’universel. Tawfeek Barhoum a su faire de son premier film une œuvre de cinéma engagée, mais subtile, une méditation sur le deuil, la mémoire et la reconstruction, incarnée par deux frères qui se heurtent à la douleur du passé pour tenter de trouver une forme de rédemption.



