Le producteur canadien Richard Duquette, impliqué dans le projet Filming Algeria, partage son regard sur le potentiel cinématographique de l’Algérie. Entre diversité des décors, position géographique stratégique et intérêt croissant des professionnels étrangers, il revient sur sa démarche et les perspectives d’avenir pour le pays sur la scène internationale.
Monsieur Duquette, vous travaillez actuellement sur la promotion de l’Algérie comme destination cinématographique internationale. D’après votre expérience, comment ce pays est-il perçu par les producteurs et réalisateurs étrangers, notamment nord-américains ?
Les retours que j’ai eus montrent que l’Algérie est encore une destination peu connue. Mais lorsque je présente des visuels et les différents lieux de tournage possibles, l’intérêt se manifeste immédiatement. Les producteurs sont intrigués par des paysages nouveaux, non exploités, car ce qui attire souvent un producteur, c’est la différence. La nouveauté. L’Algérie offre quelque chose de frais dans l’imaginaire du cinéma international.
Il y a un réel potentiel, autant pour le documentaire que pour la fiction. C’est un pays encore à découvrir, et le feedback jusqu’à présent est très positif.
On évoque souvent le Sahara comme décor principal. Proposez-vous aussi les villes du Nord, comme Alger, Oran ou Constantine, qui sont également cinématographiques ?
Oui, évidemment. Lorsque je parle de l’Algérie, le Sahara revient en premier, car l’étranger imagine d’abord un pays désertique. Le désert est impressionnant, mais il ne se résume pas à des dunes infinies : il y a des reliefs, des montagnes, une grande diversité de textures visuelles. Ce que les producteurs ignorent souvent, c’est que l’Algérie offre aussi des paysages méditerranéens, des zones forestières, des montagnes, et même ce qui surprend beaucoup des régions enneigées l’hiver, avec d’anciens centres de ski. Certains panoramas rappellent les Pyrénées françaises. Pour un tournage, c’est une force majeure. On peut tourner une semaine dans le désert, la suivante en montagne, puis sur la côte, tout cela sans traverser un continent. Cette proximité réduit les coûts et augmente la variété d’images disponibles. C’est un argument qui convainc.
Au vu de ce potentiel, comment voyez-vous l’avenir de l’Algérie dans l’industrie cinématographique ?
L’Algérie s’ouvre de plus en plus aux industries culturelles, et le cinéma suivra ce mouvement. Sa position géographique est stratégique : presque équidistante entre l’Amérique et l’Asie, très proche de l’Europe. Elle peut devenir un carrefour de tournage attractif si son image continue d’être portée à l’international.
Avec Filming Algeria, notre mission est justement de faire connaître les lieux, les décors, les infrastructures, pour donner envie aux producteurs étrangers de venir. L’avenir est prometteur. Les possibilités sont là, il faut simplement les montrer. Comme dans le film Field of Dreams : « Construis-le, et ils viendront ».



